Après la guerre à ma démobilisation à TOURS je suis resté à PARIS j'ai fais quelques
boulots mais voyant que je végétais, je suis rentré chez moi à OUJDA au Maroc à la frontière du Maroc et d'Algérie.
Là dans ma région, en 1946 je pense ; j'ai repris le métier de « placier » dans une cave
de vins et spiritueux ou je visitais tous les bars.
C'est un métier qui me plaisait beaucoup je m'étais aperçu que j'avais un véritable don de vendeur et beaucoup d'initiative. Peu à peu je m'apercevais que cette ville ne
correspondait pas à mes ambitions, et ayant appris que BERGER allait s'installer à
CASABLANCA, je partais vers cette ville et je réussis à rentrer chez BERGER ou
avec son Directeur Mr ARNAUD et son second Mr MICHELET qui venaient tout deux
de Marseille faisions l'inauguration de cette belle usine toute neuve (en 1948 si mes
souvenirs sont bons).
Je rentre comme laveur de bouteilles à 120 frcs mensuel , je suis terriblement déçu mais
je reste en pensant à mon père qui me disait toujours ; il faut rentrer par la petite porte,
et quand ils verront tes capacités tu en seras récompensé. C'est qui s'est passé par la
suite, on m'a attribué la place de livreur et j'allais servir tous les bars ,pour commencer
à CASA et ensuite dans tout le MAROC.
Le produit que nous fabriquions était du 16° et non du 45° c'était la loi au Maroc qui
était un protectorat. Ce produit était instable ; si il passait 2 ou 3 mois sur une étagère il
se décomposait et n'était plus propre à la consommation, ainsi que le froid qui était son
pire ennemi.
Le BERGER marchait bien mais sa fabrication était délicate , et un jour la fabrication a
été ratée, la direction n'y a pas porté attention et ne s'en ai aperçue que quand le
produit a été totalement vendu ; cela à donné un coup à la production qui a perdu prés
de 30% du CA. Le représentant s'étant découragé, monsieur ARNAUD m'a demandé
si j'étais capable de le remplacer, connaissant toute la tournée. J'ai bien sur accepté
avec enthousiasme, et me voilà à visiter tous les jours une trentaine d'établissements
refaisant des dégustations pour redonner confiance aux patrons et de les inciter à ne
pas nous laisser tomber, j'avais même innové sur la façon de vendre le produit : tout
simplement je les rationnais sur la quantité ce qui mettait mes clients en colère « mais psychologiquement cela donnait de bons résultats. J'étais à l'affût de toutes les
manifestations qui se présentaient pour faire connaître le produit.
Ensuite je me suis attaqué aux autres villes du Maroc. Le directeur qui avait changé se nommait SALVY il venait du siège social à Marseille ou il était comptable et il ne connaissait rien à ce travail, il a été éduqué par le chef de fabrication MICHELET et moi même, nous avions pris un représentant pour casablanca ,et j'ai sillonné le reste du Maroc où j'ai installé des dépositaires que j'avais motivé ainsi que leurs représentants et peu à peu j'ai tissé ma toile et j'ai augmenté considérablement mon « litrage » . Mais voilà mes commissions étaient plus conséquentes et le Directeur avec sa femme qui n'avait rien a voir avec notre travail mais qui logeaient au dessus de l'usine et influençait son mari , étaient devenus jaloux ,et trouvaient que je gagnais trop.
A partir de là il y a eu un travail de sape qui a fini par me démotiver, J'étais complètement démoralisé et traumatisé à l'idée de perdre ma place; je n'avais plus ma motivation, il m'était difficile de faire mon travail correctement et j'allais tous les après midi au cinéma,je savais que j'allais être obligé de donner ma démission ;toutes les réunions se passaient sans moi, le directeur avait embauché 2 nouveaux représentants et il faisait comme si je n'existais plus.
Un jour en allant rendre visite à un de mes grossistes ;je suis informé que la Maison RICARD allait s'installer dans notre ville. Inutile de vous dire que cette nouvelle me remplit de joie avec le secret espoir d'aller les voir sans tarder. Ayant obtenu tous les renseignements sur la maison qui allait avoir l'exclusivité RICARD.
Sans tarder je me suis rendu à l'adresse de cette société qui avait pour nom la SARM
(société anonyme de ravitaillement maritime) et dont le directeur se nommait GUIEU
dont le grand patron M. SAVELLI était de Marseille et dirigeait la maison mère à DAKAR.
Ma rencontre avec ce directeur s'est passé on ne peut mieux, pour lui(là aussi) ce
métier lui était totalement inconnu, et d'un seul coup je lui apportais toutes les ficelles
de ce travail, toute la clientèle du pays sur un plateau , il m'a donné son accord et je
suis devenu l' agent général de la maison (j'exultais intérieurement).
J'ai donc donné ma démission sur l'heure à BERGER et à son directeur et j'ai deviné
chez lui un ouf de soulagement, à a la fin de notre entretien, il s'est empressé de monter
chez luipour avertir son épouse de cette bonne nouvelle...
Moi je m'en fichais royalement j'était rentré dans une maison plus importante que BERGER qu'elle joie(c'est ce que j'avais ressenti à ce moment là) j'étais plein de détermination pour les battre à plate couture.
Avant que l'installation de RICARD soit terminée, j'avais déjà la voiture avec laquelle
j'allais tourner et de temps en temps j'allais faire un tour chez BERGER pour aller voir
MICHELET avec qui j'étais devenu très ami mais auquel je n'avais rien dit de ce que
j'allais devenir ; SALVY tout heureux venait me dire bonjour en me demandant à qui
était cette belle voiture ; je leur répondais que j'étais devenu chauffeur de Maître . Il me
répondait qu'il était très heureux pour moi (que d'hypocrisie).
Pendant que l'usine se montait, j'étais parti à Marseille et ma 1ère visite fût pour BERGER où je vis le Directeur commercial M.DUPOND qui m'introduisit au prés de M.GASSIER le grand patron de chez BERGER à qui je leur racontait toute l'histoire du passage dans leur maison en leur signalant que Berger (Maroc) était dirigé par une femme .
M .GASSIER me demande de revenir sur ma décision je lui répondis que maintenant j'avais donné ma parole à RICARD et qu'il m'étais impossible de revenir, il réfléchit et me propose le dépôt BERGER à Nice ; naturellement je refusais . J'avais d'ailleurs rendez-vous à Ste MARTHE avec M ; RICARD qui voulait faire ma connaissance, nous étions dans son bureau ; quand tout à coup sonne le téléphone , et qui se trouve au bout dufil, (je vous le donne en mille) M.GASSIER tous les deux rentrent dans une discussion assez vive et quand M.RICARD raccroche il me dit ce n'est pas la peine de continuer notre discussion, j'ai tous les renseignements que je désirais. Je suis sorti une fois avec PASQUA,c'était le chouchou du patron. ,nous avons fait une petite tournée dans les environs de Ste MARTHE. Il est même revenu manger dans mon restaurant du temps ou Mr CHIRAC était 1er ministre avec lui bien sur, mais quand j'ai essayé de lui rappeler ma visite et ma virée avec lui à Ste Marthe ; il ne s'en souvenait plus ; je n'ai pas insisté.
J'étais venu à Marseille pour aider et participer à la fabrication du produit qui était pour
eux tout nouveau.J'ai fait la connaissance de M.LEMBO, M.M.Louis et Jean THIERS c'est ce dernier qui était le directeur à l'exportation et que j'aimais beaucoup ;il nous rendait souvent visite au Maroc ; Une petite anecdote à son sujet un jour j'étais avec lui dans la ville de MOGADOR (Essaouira je crois) dans un bar il y vait des assiettes remplies d »amuses gueule » et dans un des plats il y avait des sortes de crevettes grillées, je l'ai poussé à les déguster à tel point qu'il en a terminé le plat. Au retour à Casa et avant son départ je lui ai avoué que ce qu'il avait mangé avec beaucoup de plaisir, c'était des SAUTERELLES. A ma grande surprise cela l'a mis véritablement en colère et je m'en voyais désolé ; il est resté pas mal de temps fâché avec moi.
Par la suite pour augmenter le litrage avec mon équipe nous faisions le même travail que j'avais pratiqué chez Berger.Il faut dire que RICARD marseille nous a beaucoup aidé en nous envoyant de la Publicité ( brocs,verres,etc .) nous faisions des mignonnettes , je me rappelle aussi du fameux film de l'actrice THILDA THAMAR ,dont Mr RICARD était le producteur, nous avions reçu les champions de boules français avec lesquels nous avons parcouru tout le Maroc et comme bouquet « LA CARAVELLE » avec son chauffeur dont je ne me souviens plus du nom et qui était très sympathique, malheureusement au Maroc il y avait des émeutes tous les jours; moi je faisais ma tournée en portant une arme sur moi, mais le chauffeur avait peur à tel point, alors que nous nous trouvions à FEZ , il a pris la décision de tout plaquer et de rentrer à Marseille ; Il a fallu se débrouiller pour rentrer ensuite à Casa.
Si mes souvenirs sont exactes nous avions reçu Mr RICARD fils je pense que c'était Patrick (il ne me reste qu'un vague souvenir) il était venu avec une « DODOCHE » 2 chevaux (excusez moi ma mémoire me fait peut être défaut (à 80 ans), nous avons fait une sortie pour lui faire visiter le pays mais je ne sais plus où !.
J'avais innové pour ajouter un plus à la vente du produit : quand une ville ne produisait
pas assez ; j'emmenais son représentant passer 1 ou 2 jour dans un endroit où le Ricard
se vendait bien et quand il repartait dans son secteur il était « gonflé » et la cerise sur le
gâteau: nous arrivions avec 4 ou 5 représentants des autres secteurs et nous défilions
dans la ville avec nos voitures publicitaires et j'organisais des dégustations dans les bars les plus fréquentés ;.nous pouvions faire au maximum 2 établissements le midi, et si nous restions le soir nous répétions notre même formule .
Si je me souviens bien quand je suis parti nous étions à 70.000 litres mensuel.Je suis parti parce que là aussi j'avais fait des jaloux, on trouvait qu'avec ce que je touchais la maison (SARM) aurait pù se payer 3 représentants. RICARD m'avait bien offert à cette époque un poste en Espagne (je parle couramment cette langue) mais j'ai refusé, je ne me revoyais pas refaire de la prospection et des dégustations .Six mois auparavant en revenant de la région de " KASBAH TADLA"(village au nord de Casa) j'avais été bloqué dans la nuit par des hommes armés qui m'ont fouillés pour savoir si je portais une arme sur moi ; heureusement que quelques temps avant, le syndicat des représentants nous avait bien
recommandé de ne plus porter d'armes sur nous car on risquait de se faire égorger ; c' est que l'indépendance avait été décrété depuis pas mal de temps.
Toutes ces événements m'ont incité à rentrer en France tous les jours je risquais ma peau etj'ai fini par donner ma démission au grand soulagement comme d'habitude de mon directeur Mr GUIEU.
Je suis rentré à Nice dans la ville de naissance de ma femme ; et là nous avons ouvert
un bar ; RICARD à cette époque m'avait offert 7.000 frcs pour refaire ma vitrine, et plus tard j'ai reçu la visite de Messieurs RICARD et PASQUA qui étaient venus à Nice à l'occasion d'une grande course et qui par la même occasion m'ont rendus visite.
J'ai voulu écrire cela pour aider tous les représentants qui feraient ce métier et leur faire
comprendre que l'on peut faire ce boulot qui est ou qui était formidable qui vous apprend beaucoup de choses comme la psychologie(savoir si on peut taper sur le ventre d'un client quand on le rencontre ou si on doit le saluer obséquieusement).
Mais attention il faut savoir s'arrêter et faire autre chose...
boulots mais voyant que je végétais, je suis rentré chez moi à OUJDA au Maroc à la frontière du Maroc et d'Algérie.
Là dans ma région, en 1946 je pense ; j'ai repris le métier de « placier » dans une cave
de vins et spiritueux ou je visitais tous les bars.
C'est un métier qui me plaisait beaucoup je m'étais aperçu que j'avais un véritable don de vendeur et beaucoup d'initiative. Peu à peu je m'apercevais que cette ville ne
correspondait pas à mes ambitions, et ayant appris que BERGER allait s'installer à
CASABLANCA, je partais vers cette ville et je réussis à rentrer chez BERGER ou
avec son Directeur Mr ARNAUD et son second Mr MICHELET qui venaient tout deux
de Marseille faisions l'inauguration de cette belle usine toute neuve (en 1948 si mes
souvenirs sont bons).
Je rentre comme laveur de bouteilles à 120 frcs mensuel , je suis terriblement déçu mais
je reste en pensant à mon père qui me disait toujours ; il faut rentrer par la petite porte,
et quand ils verront tes capacités tu en seras récompensé. C'est qui s'est passé par la
suite, on m'a attribué la place de livreur et j'allais servir tous les bars ,pour commencer
à CASA et ensuite dans tout le MAROC.
Le produit que nous fabriquions était du 16° et non du 45° c'était la loi au Maroc qui
était un protectorat. Ce produit était instable ; si il passait 2 ou 3 mois sur une étagère il
se décomposait et n'était plus propre à la consommation, ainsi que le froid qui était son
pire ennemi.
Le BERGER marchait bien mais sa fabrication était délicate , et un jour la fabrication a
été ratée, la direction n'y a pas porté attention et ne s'en ai aperçue que quand le
produit a été totalement vendu ; cela à donné un coup à la production qui a perdu prés
de 30% du CA. Le représentant s'étant découragé, monsieur ARNAUD m'a demandé
si j'étais capable de le remplacer, connaissant toute la tournée. J'ai bien sur accepté
avec enthousiasme, et me voilà à visiter tous les jours une trentaine d'établissements
refaisant des dégustations pour redonner confiance aux patrons et de les inciter à ne
pas nous laisser tomber, j'avais même innové sur la façon de vendre le produit : tout
simplement je les rationnais sur la quantité ce qui mettait mes clients en colère « mais psychologiquement cela donnait de bons résultats. J'étais à l'affût de toutes les
manifestations qui se présentaient pour faire connaître le produit.
Ensuite je me suis attaqué aux autres villes du Maroc. Le directeur qui avait changé se nommait SALVY il venait du siège social à Marseille ou il était comptable et il ne connaissait rien à ce travail, il a été éduqué par le chef de fabrication MICHELET et moi même, nous avions pris un représentant pour casablanca ,et j'ai sillonné le reste du Maroc où j'ai installé des dépositaires que j'avais motivé ainsi que leurs représentants et peu à peu j'ai tissé ma toile et j'ai augmenté considérablement mon « litrage » . Mais voilà mes commissions étaient plus conséquentes et le Directeur avec sa femme qui n'avait rien a voir avec notre travail mais qui logeaient au dessus de l'usine et influençait son mari , étaient devenus jaloux ,et trouvaient que je gagnais trop.
A partir de là il y a eu un travail de sape qui a fini par me démotiver, J'étais complètement démoralisé et traumatisé à l'idée de perdre ma place; je n'avais plus ma motivation, il m'était difficile de faire mon travail correctement et j'allais tous les après midi au cinéma,je savais que j'allais être obligé de donner ma démission ;toutes les réunions se passaient sans moi, le directeur avait embauché 2 nouveaux représentants et il faisait comme si je n'existais plus.
Un jour en allant rendre visite à un de mes grossistes ;je suis informé que la Maison RICARD allait s'installer dans notre ville. Inutile de vous dire que cette nouvelle me remplit de joie avec le secret espoir d'aller les voir sans tarder. Ayant obtenu tous les renseignements sur la maison qui allait avoir l'exclusivité RICARD.
Sans tarder je me suis rendu à l'adresse de cette société qui avait pour nom la SARM
(société anonyme de ravitaillement maritime) et dont le directeur se nommait GUIEU
dont le grand patron M. SAVELLI était de Marseille et dirigeait la maison mère à DAKAR.
Ma rencontre avec ce directeur s'est passé on ne peut mieux, pour lui(là aussi) ce
métier lui était totalement inconnu, et d'un seul coup je lui apportais toutes les ficelles
de ce travail, toute la clientèle du pays sur un plateau , il m'a donné son accord et je
suis devenu l' agent général de la maison (j'exultais intérieurement).
J'ai donc donné ma démission sur l'heure à BERGER et à son directeur et j'ai deviné
chez lui un ouf de soulagement, à a la fin de notre entretien, il s'est empressé de monter
chez luipour avertir son épouse de cette bonne nouvelle...
Moi je m'en fichais royalement j'était rentré dans une maison plus importante que BERGER qu'elle joie(c'est ce que j'avais ressenti à ce moment là) j'étais plein de détermination pour les battre à plate couture.
Avant que l'installation de RICARD soit terminée, j'avais déjà la voiture avec laquelle
j'allais tourner et de temps en temps j'allais faire un tour chez BERGER pour aller voir
MICHELET avec qui j'étais devenu très ami mais auquel je n'avais rien dit de ce que
j'allais devenir ; SALVY tout heureux venait me dire bonjour en me demandant à qui
était cette belle voiture ; je leur répondais que j'étais devenu chauffeur de Maître . Il me
répondait qu'il était très heureux pour moi (que d'hypocrisie).
Pendant que l'usine se montait, j'étais parti à Marseille et ma 1ère visite fût pour BERGER où je vis le Directeur commercial M.DUPOND qui m'introduisit au prés de M.GASSIER le grand patron de chez BERGER à qui je leur racontait toute l'histoire du passage dans leur maison en leur signalant que Berger (Maroc) était dirigé par une femme .
M .GASSIER me demande de revenir sur ma décision je lui répondis que maintenant j'avais donné ma parole à RICARD et qu'il m'étais impossible de revenir, il réfléchit et me propose le dépôt BERGER à Nice ; naturellement je refusais . J'avais d'ailleurs rendez-vous à Ste MARTHE avec M ; RICARD qui voulait faire ma connaissance, nous étions dans son bureau ; quand tout à coup sonne le téléphone , et qui se trouve au bout dufil, (je vous le donne en mille) M.GASSIER tous les deux rentrent dans une discussion assez vive et quand M.RICARD raccroche il me dit ce n'est pas la peine de continuer notre discussion, j'ai tous les renseignements que je désirais. Je suis sorti une fois avec PASQUA,c'était le chouchou du patron. ,nous avons fait une petite tournée dans les environs de Ste MARTHE. Il est même revenu manger dans mon restaurant du temps ou Mr CHIRAC était 1er ministre avec lui bien sur, mais quand j'ai essayé de lui rappeler ma visite et ma virée avec lui à Ste Marthe ; il ne s'en souvenait plus ; je n'ai pas insisté.
J'étais venu à Marseille pour aider et participer à la fabrication du produit qui était pour
eux tout nouveau.J'ai fait la connaissance de M.LEMBO, M.M.Louis et Jean THIERS c'est ce dernier qui était le directeur à l'exportation et que j'aimais beaucoup ;il nous rendait souvent visite au Maroc ; Une petite anecdote à son sujet un jour j'étais avec lui dans la ville de MOGADOR (Essaouira je crois) dans un bar il y vait des assiettes remplies d »amuses gueule » et dans un des plats il y avait des sortes de crevettes grillées, je l'ai poussé à les déguster à tel point qu'il en a terminé le plat. Au retour à Casa et avant son départ je lui ai avoué que ce qu'il avait mangé avec beaucoup de plaisir, c'était des SAUTERELLES. A ma grande surprise cela l'a mis véritablement en colère et je m'en voyais désolé ; il est resté pas mal de temps fâché avec moi.
Par la suite pour augmenter le litrage avec mon équipe nous faisions le même travail que j'avais pratiqué chez Berger.Il faut dire que RICARD marseille nous a beaucoup aidé en nous envoyant de la Publicité ( brocs,verres,etc .) nous faisions des mignonnettes , je me rappelle aussi du fameux film de l'actrice THILDA THAMAR ,dont Mr RICARD était le producteur, nous avions reçu les champions de boules français avec lesquels nous avons parcouru tout le Maroc et comme bouquet « LA CARAVELLE » avec son chauffeur dont je ne me souviens plus du nom et qui était très sympathique, malheureusement au Maroc il y avait des émeutes tous les jours; moi je faisais ma tournée en portant une arme sur moi, mais le chauffeur avait peur à tel point, alors que nous nous trouvions à FEZ , il a pris la décision de tout plaquer et de rentrer à Marseille ; Il a fallu se débrouiller pour rentrer ensuite à Casa.
Si mes souvenirs sont exactes nous avions reçu Mr RICARD fils je pense que c'était Patrick (il ne me reste qu'un vague souvenir) il était venu avec une « DODOCHE » 2 chevaux (excusez moi ma mémoire me fait peut être défaut (à 80 ans), nous avons fait une sortie pour lui faire visiter le pays mais je ne sais plus où !.
J'avais innové pour ajouter un plus à la vente du produit : quand une ville ne produisait
pas assez ; j'emmenais son représentant passer 1 ou 2 jour dans un endroit où le Ricard
se vendait bien et quand il repartait dans son secteur il était « gonflé » et la cerise sur le
gâteau: nous arrivions avec 4 ou 5 représentants des autres secteurs et nous défilions
dans la ville avec nos voitures publicitaires et j'organisais des dégustations dans les bars les plus fréquentés ;.nous pouvions faire au maximum 2 établissements le midi, et si nous restions le soir nous répétions notre même formule .
Si je me souviens bien quand je suis parti nous étions à 70.000 litres mensuel.Je suis parti parce que là aussi j'avais fait des jaloux, on trouvait qu'avec ce que je touchais la maison (SARM) aurait pù se payer 3 représentants. RICARD m'avait bien offert à cette époque un poste en Espagne (je parle couramment cette langue) mais j'ai refusé, je ne me revoyais pas refaire de la prospection et des dégustations .Six mois auparavant en revenant de la région de " KASBAH TADLA"(village au nord de Casa) j'avais été bloqué dans la nuit par des hommes armés qui m'ont fouillés pour savoir si je portais une arme sur moi ; heureusement que quelques temps avant, le syndicat des représentants nous avait bien
recommandé de ne plus porter d'armes sur nous car on risquait de se faire égorger ; c' est que l'indépendance avait été décrété depuis pas mal de temps.
Toutes ces événements m'ont incité à rentrer en France tous les jours je risquais ma peau etj'ai fini par donner ma démission au grand soulagement comme d'habitude de mon directeur Mr GUIEU.
Je suis rentré à Nice dans la ville de naissance de ma femme ; et là nous avons ouvert
un bar ; RICARD à cette époque m'avait offert 7.000 frcs pour refaire ma vitrine, et plus tard j'ai reçu la visite de Messieurs RICARD et PASQUA qui étaient venus à Nice à l'occasion d'une grande course et qui par la même occasion m'ont rendus visite.
J'ai voulu écrire cela pour aider tous les représentants qui feraient ce métier et leur faire
comprendre que l'on peut faire ce boulot qui est ou qui était formidable qui vous apprend beaucoup de choses comme la psychologie(savoir si on peut taper sur le ventre d'un client quand on le rencontre ou si on doit le saluer obséquieusement).
Mais attention il faut savoir s'arrêter et faire autre chose...
